Columbus

J’écris rarement des textes de chansons. L’inspiration frappe à des drôles de moments… j’écris rarement en anglais. Peut-être que j’avais besoin de distance.   J’ai écrit ce texte pour les personnes qui ont rencontré leur rêve, leur passion, seulement pour les perdre quelque temps après.  Les gens écrivent toujours sur le peines d’amour, mais ils écrivent rarement sur les peines de rêves; pourtant il y a tellement matière à écrire!  Et encore plus au fond de cela, peu de gens osent écrire sur l’absence de passion, le vide, la perte de sens. pour moi, ces situations avaient besoin d’une voix.  On  écrit beaucoup sur les relations, sur le succès, sur le fait d’être badass ou très fort, etc. Mais on écrit tellement peu sur la fragilité, sur les vents qui nous secouent intérieurement quand on cherche notre voie…

 

COLUMBUS

Empty handed

Empty headed

I’m free, flowing from nowhere, looking for

Somewhere to land, but there’s no port

For me to go to, to rest my wings and let my heart go wild

 

I’ve fought a war of many years against

A capricious and vicious demon within

I was devoured, bitten, smitten and beaten

By my own desire, fueled by dreams that are now barren

 

I have nothing left, I’ve got nothing more

I gave my all and all but still, inside my core

My strength evaporates, leaving behind the embers

Of hopes and wishes, for worse, or for better

 

Facing the papers and the screens, I …

Watch the wind blow and wish I was

As carefree, as overwhelmingly smiling

As she who jumped the puddle, shining

 

I feel as if somehow, I’ve been robbed

I don’t have time to sit and sob

I need to grin and bear it, but

There’s no skin left to cut

 

I’m raw and tired of this journey I’m on

The wise one said I should carry on

Until I learn how to be simply content

Frankly, I don’t give a damn

 

I don’t want to dim my light

I can’t pretend I am alright

As the compass is spinning out of control

The boat rocks and the time rolls

 

I’m bent on the road, I’m searching

I’m seeking the spark or maybe the lightning

It’s been ages since I last prayed

It’s about time I found the freakin’ way

 

Will I know my route when I find it,

Will I find a road for me to hit

One never goes as far as when she doesn’t know

Where she goes

 

Paroles: © Dominique Jodry-Lapointe, 2016

 

 

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Prétendre

Chers lecteurs… il me semble que je commence chaque chose que je poste ici par des excuses de ne pas avoir posté depuis si longtemps. Eh bien, ce temps est désormais révolu. Aujourd’hui, je ne m’excuserai pas. Je vais assumer mon silence et mon absence. L’inspiration ne se commande pas, et il est hors de question que je laisse mon rapport avec l’écriture se détériorer car j’en fais une obligation ou une course à la performance.

J’ai décidé de venir vous écrire aujourd’hui. Je ne sais pas si la prochaine publication sera dans deux heures, trois semaines, deux ans. Je vais rester dans l’ici maintenant.

Récemment, j’ai repensé à un livre dont j’avais vu le titre, et que je n’ai finalement jamais acheté. «Cessez d’être gentil, soyez vrai!» par Thomas d’Ansembourg. Peut-être n’étais-je pas prête à le lire jusqu’à aujourd’hui, mais toujours est-il que j’ai la ferme intention de me le procurer.

Je suis un être de performance. Depuis toute jeune, j’ai saisi assez vite que si j’étais excellente dans quelque chose, ça me valait de la reconnaissance de mes pairs, de l’attention. Ma soif de reconnaissance, de validation et d’acceptation m’ont nui.

Pendant de longues années, j’ai été l’oreille et la conseillère de tout le monde, et j’ai été entourée de gens qui avaient toujours besoin de moi, mais jamais de temps ou d’empathie pour moi. Lorsque j’ai changé, assez drastiquement, on m’a reflété que je n’étais plus la bienvenue dans mon cercle d’amis d’alors.  J’ai donc changé de cercle d’amis, et ce fut chose du passé. J’eus la chance de changer de niveau scolaire en même temps et d’intégrer un programme ou je pouvais me rouler dans l’admiration de mes pairs car j’y étais naturellement douée.  Ensuite, j’ai rencontré celui qui allait devenir mon premier chum sérieux. Je buvais ses paroles et j’étais prête à tout pour exister dans son regard, pour qu’il voit d’autre chose que «one of the guys». J’ai fini par gagner son coeur en partant avec un de ses amis. Après avoir laissé  l’ami en question et avoir passé plus d’un an avec le gars que je croyais parfait, la relation s’est terminée assez laidement. J’avais fait de bien mauvais choix, perdu de vue toutes mes amies, alors je devais recommencer une nouvelle campagne de séduction et de performance. Vous voyez un peu le pattern?

Encore aujourd’hui, je me rends compte que mon estime personnelle est intimement liée à l’acceptation des autres, mais aussi à ma capacité à me différencier. J’ai perdu, quelque part, mon aptitude à trouver mes besoins aussi importants que ceux des autres. J’ai toujours l’impression que c’est égoïste.

Suite à une conversation que j’ai eue avec une personne dont l’opinion possède une certaine valeur à mes yeux, j’ai ressenti une grande frustration. Oui, c’est vrai que j’ai besoin de me différencier, d’être unique, de briller pour sentir que j’existe réellement. Mais est-ce si mal? Là où je ne  suis pas d’accord, c’est lorsque les prétentions embarquent. Je crois avoir le droit d’être telle que je suis, et je crois que personne d’autre que moi-même ne peut réellement savoir ce que je ressens, ce que je vis et ce que je souhaite. Mais alors, pourquoi l’opinion des autres, leur vision de moi m’importe tant? Le simple fait que je sois si préoccupée par ce que j’estime être des prétentions non avérées démontre tout de même que la personne qui m’a confronté raison sur un point: je laisse beaucoup trop rentrer d’influence, et je ne me respecte parfois pas assez pour mettre des limites sans en concevoir une culpabilité énorme. Chiotte! Toujours choquant quand quelqu’un a raison n’est-ce pas.

Tant qu’à être en début d’année, aussi bien prendre une résolution: celle d’être moins gentille, mais d’être davantage vraie. Je vais aussi prendre celle de développer ma maîtrise de l’art ancien du So What. Je ne sais pas encore combien de temps ça va  m prendre, mais je vais me donner assez d’importance pour faire cela. Je vais me respecter assez pour ne pas rester dans des situations qui ne conviennent pas; assez pour clore proprement les relations dont je ne veux plus; assez apprendre à tolérer l’inconfort de ne pas être adorée par tout le monde et pour vivre avec le fait que des gens seront parfois fâchés contre moi, qu’ils ne seront ni d’accord,ni  admiratifs.  Je vais essayer d’apprendre à m’aimer assez moi-même pour me donner du temps, de l’importance, du repos ou un coup de pied dans le cul, si c’est requis.

Je vais prendre la place qui me revient, c’est-à-dire la mienne, et je vais tenter de cesser d’être plus plus plus. Je vais essayer d’être juste assez.

Good enough.

Spécial de Noël: le contentement vu par une bouddhiste.

Chers lecteurs, en cette période des fêtes, j’aimerais vous faire part d’une petite réflexion que j’ai entamée il y a un certain temps. En tant que bouddhiste, je respecte les autres traditions, et ayant grandi dans une tradition chrétienne, Noël est quand même une période importante pour moi, un moment où je souhaite être plus proche de ceux que j’aime et qui m’aiment. C’est aussi un moment où je me sens plus introspective.

Tout récemment, je discutais avec une amie qui se questionnait à savoir si elle n’était pas paresseuse en acceptant une offre de stage rémunéré dans une ville qu’elle connaissait à l’étranger, offert par le biais de connaissances. Elle voyait tous ses amis aller dans des boîtes de renom très importantes, et avait peur de «se résigner» en acceptant l’offre qu’elle avait eu.  Je lui ai répondu qu’elle ne se «résignait» pas, mais se «contentait», tout en se donnant des conditions optimales pour obtenir de très bonnes notes et références pour son stage, car n’ayant pas à se soucier de sa subsistance et étant dans un environnement familier, ce serait beaucoup plus confortable pour elle. Qui plus est, elle pourrait plus librement personnaliser ses activités de stage et avoir des gens plus attentifs à ses besoins d’apprentissage, contrairement à une grande boîte ou elle aurait pu aligner les soixante heures semaines à ne rien faire d’autre que gratter du papier et jouer les petites mains. 

Le fait qu’elle se soit automatiquement comparée à ses collègues, et qu’elle remette en question une si belle opportunité sur le principe que c’était paresseux et un geste de résignation d’accepter une offre obtenue par cooptation m’a porté à réfléchir et à méditer sur la nature du contentement et la valeur de la souffrance.

Dans une telle condition, penser plus petit, plus proche, est peut-être la voie à suivre. Lorsque quelque chose nous est offert gracieusement, l’accepter est un signe de gratitude envers la vie; ce n’est pas de la résignation.  Trop souvent, et à tort, nous avons l’impression que quelque chose ne peut avoir de valeur que si nous avons souffert et travaillé très fort pour l’obtenir. Ce faisant, obnubilés par le mérite, nous passons à côté d’opportunités qui auraient pu nous faire grandir, nous transformer et nous enrichir. 

Cette idéologie provient de notre vieux fond judéo-chrétien, qui nous porte à croire que rien qui nous vient naturellement ne peut être valable. Une tradition laborieuse a ses bons côtés en incitant les gens au travail, mais elle comporte sa part d’ombre dans le masque qu’elle impose au contentement. Il n’y a pas, je répète, il n’y a pas de valeur ajoutée à souffrir pour obtenir quelque chose.  Cela ne rend pas l’obtention plus glorieuse ou plus justifiée. En contrepartie dévouement, l’effort juste et l’attention juste portée à une cause nous élèvent. Cependant, si les parvenus et opportunistes de ce monde nous semblent parfois privilégiés et inconscients, ce n’est pas toujours le cas. Comme nous sommes rapides pour dégainer le spectre de la perte de valeur par facilité!

Chaque moment de notre vie, nous sommes submergés par des messages qui nous intiment de «Viser plus haut! Vivre notre rêve! Suivre nos cœurs et nos passions!» C’est merveilleux, mais n’est-ce pas là une négation de la possibilité d’être satisfait?  Parfois, la résignation et le contentement se ressemblent beaucoup, à un point tel qu’on ne fait plus la différence.  Le contentement n’est pas mauvais en lui-même, et il s’apprend. Se contenter, c’est se libérer un peu plus de l’emprise de nos désirs, parfois inatteignables, même si on les souhaite tellement du plus profond de notre cœur. 

La phrase «Quand on veut, on peut» m’apparaît de plus en plus comme une fausseté relevant de la pensée magique. Je ne dis pas cela emportée par un élan de pessimisme, mais plutôt de clarté mentale; vouloir, ça ne fait pas tout. Nous devons vivre avec les chances qui nous sont données aussi, et l’ensemble des possibles qui nous est offert. Il faut prendre la responsabilité de notre bonheur, soit; mais plutôt que se fixer un idéal après lequel courir sans arrêt, pourquoi ne pas regarder tout près?  À force de plisser les yeux pour voir au loin, on ne voit pas que notre bonheur est assis sur notre nez.

Se contenter, c’est avoir assez de respect pour soi-même et ses accomplissements pour s’en reconnaître la valeur. Loin de moi l’idée de laisser tomber des ambitions positives, mais il me paraît primordial de voir davantage ce que nous possédons déjà et d’en être satisfait. À partir du moment où nous sommes satisfaits, nous libérons notre esprit de la soif du «plus», et lui donnons plus d’espace pour les «comment» et les «pourquoi» qui jalonnent notre existence.

Mes chers lecteurs, je vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’année, et de trouver la satisfaction, la paix d’esprit et le contentement dans vos vies de tous les jours. Que votre existence vous permette de les atteindre, et de les garder.

Paix, amour et sérénité!

Dominique

Ce que le yoga a fait pour moi

Je n’ai jamais été sportive. Jamais, comme dans jamais. Plusieurs de mes écrits peuvent en témoigner, d’ailleurs. J’ai toujours fait de l’activité physique seulement pour maigrir. Je ne rentrerai pas dans le laïus interminable de mes mésaventures avec le sport, c’est du réchauffé : maladroite, peu en forme, toujours choisie la dernière dans les équipes, provenant d’une famille de gens qui n’aiment pas non plus l’activité physique en général, etc. Mon poids a fait l’accordéon au rythme de mes «efforts», ainsi que mon moral.

J’ai fait :

• du baladi (2 ans)
• de la zumba (deux cours…)
• de l’entraînement en salle (plusieurs fois en tranches de quelques mois – plusieurs abandons car ça consommait trop de temps, je n’aimais pas cela, et la pression de maigrir dans les centres pour femmes seulement était intenable)
• de la marche (mon moyen de transport)
• de la natation (par intermittence un peu comme l’entraînement, mais j’aime bien)
• du badminton (à trois reprises pendant quelques mois)

J’ai eu l’intention de faire :
• du kayak (trop compliqué logistiquement)
• de la marche nordique/ du ski de fond/ de la raquette (j’ai choké car difficile de trouver un partenaire/équipement dispendieux)
• du ski alpin (trop maladroite, et trop cher)
• de l’aïkido (faiblesse au pied gauche, je ne peux pas faire quelque chose qui se pratique exclusivement en station verticale pieds nus)

And so on. Le yoga, j’y avais pensé quelque fois, mais de loin… je ne me sentais vraiment pas à ma place avec toutes ces nymphes athlétiques en léotard soyeux. Mon cerveau compétitif et échaudé par d’autres expériences ne voulait même pas y penser. C’est sûr que je côtoyais un peu plus les philosophies orientales dans le bouddhisme, et que le yoga fait souvent partie intégrante du bouddhisme, mais ça ne suffisait pas à ce que je développe un intérêt réel pour le yoga. Je me disais que je ne pourrais jamais me plier comme un pretzel comme ça, et que je ne m’exposerais certainement pas à être la pire de mon cours. Ça non!

Pourtant… après trois ans de travail sur mon mental pour d’autres raisons, j’en avais vraiment marre d’entraîner mon psychologique. Je savais que j’avais à trouver une forme de mouvement que j’aimais, mais je voyais cela comme une tâche tellement impossible… j’avais peur. Mon gros ego m’empêchait de m’essayer à autre chose. Toute forme d’activité était un catalyseur D’émotions négatives; je n’ai jamais eu «l’addition aux endorphines» dont on me parlait tant. Pour moi, ce n’était que de la douleur, de l’inconfort, de la sueur, des mauvaises odeurs, et un moyen de forcer mon corps dans une taille plus petite/ de le punir de ne pas être ce que je voulais.

Heureusement, à force de lectures sur Health At Every Size, je me suis rendu compte que je n’étais pas OBLIGÉE d’avoir mal pour que ça vaille la peine. Que mon succès ne se mesurerait pas nécessairement en kilos/cm perdus. Que j’avais le droit de n’être capable que de faire 5 minutes pour commencer. Que si j’avais de la douleur, de l’épuisement, arrêter n’était pas abandonner. Il y a cette phrase qui m’est tellement utile…«Rouleriez-vous avec une voiture dont tous les voyants du tableau de bord seraient allumés? Non? Eh bien lorsque vous avez de la douleur, de l’épuisement, ce sont les voyants lumineux de votre corps. Écoutez-les. Adressez-les avant toute chose, ne les ignorez pas; c’est peut-être ce qui fera la différence entre un départ en lion qui finit en mouton, et une habitude durable.»

J’ai oublié de qui est la phrase mais elle a changé mon rapport à l’activité physique du tout au tout.
J’ai aussi commencé le guide «The Fat Chick’s exercise» de Jeanette DePatie, pour réapprendre la manière de progresser :10% et/ou un paramètre à la fois. Il y a trois paramètres : le nombre de fois par semaine, l’intensité et la durée.

Par exemple : si je m’entraîne trois fois par semaine durant 35 minutes, je pourrais :
– M’entraîner 4 fois par semaine
– Augmenter mon temps de séance à 38,5 minutes
– Augmenter un peu l’inclinaison de mon tapis/ augmenter de dix pour cent le poids de mes haltères

MAIS PAS LES TROIS EN MÊME TEMPS. Un.petit.pas.à.la.fois.

Dans mon cas, c’était essentiel. J’avais tellement renoncé, que le plus petit effort me mettait en nage. Je n’étais pas malade, mes indicateurs de santé étaient tous bons, mais mon cardio et certains muscles, ouh là là, ce n’était pas très bon!
Beaucoup de lecture, de larmes, de frustrations, de questionnements, de réflexion et de personnes inspirantes plus tard (vous savez qui vous êtes/you know who you are!) alors que j’étais assise dans l’autobus j’ai vu, au-dessus de l’endroit où j’ai fait faire mon premier tatouage, un nouveau studio de Yoga : Soham Yoga bis.

J’ai pris les informations auprès de l’enseignante, par courriel. Nous avons correspondu un peu, je lui ai fait part de toutes mes craintes, de mes mauvaises expériences, de ma fasciite plantaire, etc. Elle m’a répondu positivement, patiemment.
J’ai payé ma première session, et j’ai manqué le premier cours, au chevet de ma mère qui se faisait opérer. Elle a très bien compris que je ne pouvais pas être présente.

Au deuxième cours de la session d’introduction je suis arrivée trente minutes en avance. Tout de suite j’ai apprécié l’ambiance du studio; calme, zen, avec un petit salon pour boire du thé plein de coussins par terre et de beaux livres, chandelles, encens. Catherine, mon enseignante, a pris le temps de s’asseoir avec moi et de faire le tour de mes objectifs. Elle m’a bien écouté.
Mon premier cours s’est mal passé. J’ai tout de suite songé à abandonner, je me comparais avec la plus belle et la plus mince de la classe pour me rendre compte plus tard…. Qu’elle était enseignante et qu’elle prenait le cours novice en stage d’observation. =_=

En allant porter ma tasse vide dans le petit salon, j’ai lu sur le tableau : «Yoga is the practice of tolerating the consequences of being yourself». –Bhagavad-Gita … autant pour moi. Je suis repartie chez moi songeuse.
J’ai suivi tous mes cours d’introduction. J’ai acheté une carte de douze cours. Je suis même allée à un cours gratuit sur l’heure du midi… et un jour en allant à mon cours la professeure a poinçonné mon douzième cours. Ma première carte. Finie. 18 cours. 4 mois et demie.

J’avais «toffé» quatre mois et demie. Et J’aimais Cela. Même si j’étais la seule dans la classe qui avait besoin de tous les boosters/adapteurs/modifications de pose. Pour reprendre les paroles de Catherine, «on va où c’est disponible». Et même si mon disponible ne l’est pas toujours beaucoup, j’en découvre un peu plus à chaque fois.
J’ai signé pour un challenge de 5 fois par semaine pendant trois semaines. (bon j’avoue que j’ai peut-être ignoré ma loi des paramètres… mais j’étais trop tentée.) J’y vais. Des fois j’ai mal, des fois non; des fois je fais une nouvelle posture, je vais plus loin, ou je réussis quelque chose que ça fait longtemps que je bûche pour faire. Des fois je pleure parce que mon ego me fait me comparer aux autres. Je «journale» mon expérience sur FacedeBouc parce que j’ai le goût de parler de mon expérience à tout le monde.

Curieusement, au travers tout cela j’ai recommencé à faire de l’elliptique sans détester cela. À cesser d’éviter de marcher le plus possible. Je me crée des activités avec mes amis qui impliquent de bouger. Piscine, promenade… je ne me sens plus aussi fermée à essayer des activités, sauf les sports d’équipe qui ne me disent encore absolument rien, trop traumatisée des cours d’éduc, je pense.

Le yoga, m’a réuni avec mon corps, et m’aide à le détester un peu moins chaque jour. Il complète mon travail d’acceptation tout en me conduisant à désirer m’assouplir, m’alléger, repousser mes limites. Il me nourrit aussi spirituellement, psychologiquement, ce qu’aucune autre activité physique n’a pu faire pour moi. Je me surprends tous les jours à citer quelque chose que j’ai entendu, à transférer une compétence que j’ai acquise, à avoir hâte à mon prochain cours, à ne pas renoncer.
J’espère un moment donné, avoir l’espace pour pratiquer chez moi; avoir assez confiance pour cela. Je lis beaucoup d’autres professeurs spécialisés pour le yoga des personnes rondes, et ça m’aide personnellement à modifier ce qu’il faut, le temps qu’il faut. Je sens la plante fragile d’une passion pour une activité physique qui pousse. J’essaie de ne pas la noyer.
J’ai encore peur que ce soit un feu de paille, mais pour le moment, cela est. Je suis cela. Soham.

Om! Shanti!

Vitréale – projet non achevé

J’ai commencé à écrire cette nouvelle de sci-fi  à la suite d’une entente prise avec une de mes amies qui est une fantastique artiste visuelle. C’était un échange de service; je lui écrivais une nouvelle, elle dessinait mon image pour Piteurpanne.  Nous avons toutes les deux éprouvé des difficultés importantes, à tel point que j’ai renoncé à terminer la nouvelle. Je vous la présente ici. Je ne la trouve pas bonne ni intéressante, mais il est toujours intéressant de se donner un défi d’écriture, même si on ne le réalise pas.  Voici donc, Vitréale.

 

L’arbre s’abattit  avec un grand bruit sur le sol. Galenc secoua tristement la tête.  Il avait aimé cet arbre par-dessus tout. Aujourd’hui, il était tombé car il ne pouvait pas être inséré dans la nouvelle structure de la maison-bulle du Conseil Cristal.  Évidemment, elle serait haute à n’en plus finir, pour bien montrer comment ce conseil est influent!

Le pauvre ne savait que trop bien que  le prestige de quelqu’un ou d’une organisation se montrait avec la hauteur des habitations, car le matériel principal pour  les construire était rare et se renouvelait lentement.   Il n’existait  pas vraiment de moyen clair pour en obtenir; la possession de la ressource se transmettait à l’intérieur des familles, à chaque génération.   Cette façon de montrer sa puissance était ridicule, pensait Galenc, car elle ne prouvait en rien à quel niveau se situait cette puissance.   Après tout, il fallait engager des gens pour extraire le minerai, d’autres pour dessiner le plan, encore d’autres pour tenter de poser l’habitation au meilleur endroit par rapport aux éléments… les Bulles n’étaient que le reflet de la compétence des artisans travailleurs de Vitréale.   Sans plus.   De plus,  Il n’arrivait pas à comprendre que le bois n’eût aucune valeur ici, sur Vitréale, alors que d’autres civilisations plus lointaines l’avaient tant vénéré et utilisé.  Il poussait naturellement et rapidement, et il n’y avait pas besoin d’utiliser des procédés ultra-compliqués pour s’en procurer.

La machinerie s’activait maintenant à découper l’arbre en petits tronçons.  Ceux-ci seraient sans doute jetés.   Galenc fit un grand signe à l’opérateur de la machine.  Ce dernier arrêta le moteur, descendit de son siège et approcha de son interlocuteur.

« Qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce que j’ai brisé quelque chose?»

«Non, c’est juste que…»

« Vite, je n’ai pas de temps à perdre!»

« Donne-moi un morceau d’arbre.»

Interloqué,  le défricheur se pencha lentement pour regarder les éclisses qui jonchaient le sol. Il en tendit une à Galenc.

 

«Non, je veux dire  un gros morceau.»

« T’es  bizarre, toi.»

 

Il  grimpa sur l’amas de billots et en projeta un en direction de  l’étrange être qui le regardait fixement. La bûche s’abattit au sol en soulevant de terre le sable. Horrifié, l’opérateur fit une courte prière. On ne pouvait profaner le sable de cette façon sur Vitréale…  Le sable, matière première à la fabrication du verre,   était une matière noble et sacrée, bien que moins vénérée que l’obsidienne.

À la base, la planète avait été  appelée ainsi parce que les transformations chimiques et climatiques qui y ont eu lieu ont créé beaucoup de «verre».  On parlait ici de verre naturel. Le travail que les Vitréens font dessus le rend très prisé et magnifique.  La maîtrise de la transformation de la silice en verre avait  été un très grand avancement pour les Vitréens,  et le mariage du verre soufflé, du verre transparent et des verres naturels composait un paysage complètement surréaliste, magnifique, lumineux.  Une théorie adoptée par plusieurs spécialistes de la civilisation vitréenne ancienne affirmait  que la solidité et l’unité du peuple vitréen passait  par son contact avec son origine minérale, de là l’immense valorisation de la ressource première sans observation d’une tentative de «commerce»

 

Galenc se dit que c’était bien stupide, et qu’il aurait peut-être mieux valu qu’il naisse humain. Pour sa part, il n’avait absolument rien à faire du verre, de la vitre, de toute cette transparence qui ne lui inspirait aucunement confiance.  Il n’aimait pas cette fragilité. Elle lui répugnait.   Il se mit à réfléchir à ce qu’il savait de son propre environnement, et à rêver à la Terre qu’on lui avait décrite dans ses premières années d’éducation.  Il n’était pas du tout convaincu que c’était «L’UniVerre» et non pas «L’Univers». Il avait toujours été empli de doute quant à ce qu’on lui enseignait. Maintenant parvenu à 37 révolutions, il se félicitait d’avoir quitté tôt cet établissement destiné à le former à ce qu’il devait être, c’est-à-dire un souffleur de verre. Aussi bien dire une sorte de Grand Prêtre…   Il ne comprendrait jamais cette admiration que les autres avaient pour ceux qui savaient produire outres, cruches, assiettes, et décorations aux couleurs tendres et aux formes biscornues.   Pourquoi une personne qui ne produit que du «beau» devrait-elle avoir un statut plus élevé qu’une personne qui construit du «solide» ? Peut-être un vague besoin de religiosité?

«En effet»,   se dit Galenc, « les Vitréens n’ont pas de religion à proprement parler.  Ils n’ont pas de croyance en un créateur unique.  Par contre,  pour eux, l’alliance du sable, du feu, de l’énergie, de l’eau, est une base et un début à tout.  Ils ont peut-être envie de se rattacher à cela» ,  songea-t-il.  « Même dans un endroit où la science est si avancée qu’il  ne reste que peu de phénomènes non explicables, on a besoin de  «vénérer» quelque chose.   Cela peut répondre à un besoin de donner un sens à  la vie.  Si on ne sait pas quoi faire pour nous-mêmes, on peut faire pour quelque chose de plus grand que nature. C’est motivant.»

 

La  planète Vitréale était située dans un autre système solaire dépourvu de jour et nuit clairement définis, en comparaison avec la Terre. La lumière,  de type  aube-crépuscule la plupart du temps,  n’y était pas particulièrement forte; de la l’importance de la préserver en construisant le plus de choses possibles avec des matériaux la laissant passer.  De rares levers et couchers d’une étoile très puissante avaient lieu durant l’année.  Cette étoile, très éloignée de leur planète, était d’une puissance environ trois fois plus grande que le Soleil Terrien. Heureusement qu’elle n’était pas trop près!

 

Galenc se leva, prit sa bûche dans ses bras et s’éloigna doucement de son lieu de paix, qui n’était maintenant qu’un grand trou.   Pas plus qu’hier, il ne sourirait. Ni demain.   Son air naturellement taciturne  s’était maintenant muté en rictus renfrogné.  « Quel monceau de sornettes», pesta-t-il.    « Les Vitréens, une belle civilisation… quelle bande de zouaves!  Ils ressemblent à toutes les autres formes de vie évoluée, et pourtant ils ont un tel désir d’individuation… Ils ne supportent pas la comparaison, ni la similitude.  Ils n’ont rien inventé. »

Pour sûr, les Vitréens  souhaitaient écrire leur histoire d’une manière qui les distinguerait.  Leurs ethnologues les décrivent comme étant «interactionnistes».  Leurs valeurs sont reliées aux ondes provoquées par  leurs actes;  ils perçoivent  la plupart du temps toute chose sur beaucoup de niveaux : spirituel, physique, familial, énergétique.   Les personnes qui, comme Galenc, étaient critiques de la «différence fondamentale» des Vitréens ,   trouvaient que c’était là une façon bien alambiquée de décrire le fait d’être conscient des conséquences de ses actes.       Les Vitréens aimaient aussi se complaire dans l’absence de valeur monétaire réelle, pratiquant beaucoup  l’échange de temps et de services. Pour eux, le concept de richesse était un peu abstrait mais les classes sociales ne sont pas pour autant absentes.  Elles étaient intimement liées au type d’emploi occupé, à la hauteur de l’habitation, et à la production de verre.   « Communisme et système de castes… encore une fois ils n’ont rien créé!» ronchonna Galenc.  «Et le pire, c’est qu’au lieu de s’inspirer de ce qui fonctionne, il fallait qu’ils choisissent de reproduire tout ce qui était défectueux, taré, inapplicable et injuste… ah bravo!»

 

D’un coup de pied rageur, Galenc envoya valser une roche d’obsidienne plus loin sur la colline.    Il y a des moments où il en avait tellement marre!  Il lui semblait ne pas pouvoir s’insérer dans cette société qui l’avait vu naître.  Il monta la colline vers chez lui,  sa bûche sous le bras, du pas le plus vif qu’il pouvait soutenir.   C’est ce qu’il faisait lorsqu’il se sentait dépassé. Cela, au moins, ne pourrait pas causer tant de remous. Il était seul, il ne brisait rien, la seule chose qu’il risquait réellement était de s’épuiser, mais aucun danger!   Lorsqu’il ne marchait pas à une vitesse folle sur des terrains accidentés et risqués, il tentait de se détendre en rajoutant une perle dans ses cheveux. Une perle de bois, pas de verre, ce serait trop lourd.  Et il n’avait toujours rien à battre des autres Vitréens qui le ridiculisaient, en lui disant qu’il était coiffé comme une femme.