Bonjour, je suis Morphée et je suis passif-agressif.

Semble-t-il, que le sommeil nous fuit lorsqu’on a le plus besoin de lui. Je me sens totalement exténuée, et plus je veux m’abîmer dans les bras de Morphée, plus ce dernier se refuse à moi.

«Pas ce soir, j’ai mal à la tête!» dit Morphée, boudeur.

L’insomnie est une vieille compagne.   Ça m’a toujours fait du bien de la personnifier. Je manque d’originalité, mais j’ai conservé l’association sommeil-Morphée plutôt qu’essayer de créer un autre personnage. Parfois, je m’imagine Morphée comme un pauvre con qui ne contrôle rien dans sa vie. Les gens qui ne contrôlent rien dans leur vie, soulagent souvent leur frustration en faisant chier le peuple, en s’opposant systématiquement.

«Mais, Morphée, tu sais bien que je ne t’en veux pas personnellement, et que j’ai besoin de toi! J’essaie de t’aider, de t’honorer du mieux que je peux, mais que veux-tu, quand je suis anxieuse, ou bien contrariée, je ne te trouve plus, ce n’est pas que je te refuse!»

« Tut tut tut! Arrête tes excuses de merde. En réalité tu ne veux pas de moi et tu fais tout pour m’éviter, je le sens et je le sais!» (un parfait exemple de double-binding. )

Je vous dis, un vrai dialogue de sourds. Plus je l’appelle, moins il accourt. Pour reprendre la formule galvaudée, suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis!!

Je ne peux pas me forcer à dormir quand ça ne dort pas, pas vrai?  Je pourrais avec des pilules, mais je ne veux rien savoir. Et j’imagine qu’il me faudrait quatre citernes de camomille par soir. Dans ces conditions peut-être qu’un cathéter serait également requis.

 L’esprit agité, la caféine et les craintes démesurées m’empêchent parfois de fermer l’œil. .. est-ce que je vais réussir à mener une vie que j’aime un jour? Est-ce que j’aurais dû boire cette troisième tasse de thé? Est-ce que je vais subir une attaque de punaises de lit? Est-ce qu’une araignée va tomber dans ma bouche? Est-ce que je vais un jour trouver un emploi qui me satisfait? C’est interminable, et c’est vraiment emmerdant. Si un jour je trouve le hamster qui court si vite dans ma tête, je vais te me le… Ah! Il aurait besoin de faire du yoga, de boire une tisane, je ne sais pas, mais en bon québécois, WÔ, les moteurs.

Morphée est aussi un grand farceur, du genre à tirer sur mes paupières de 8h le matin à 19h le soir, avant de s’en aller en sifflotant dès que je cherche à me détendre, les mains dans les poches, me laissant seule avec mes grands yeux de hibou effarouché. J’ai beau faire du sport, faire des techniques de relaxation… quand il décide qu’il me quitte il n’y a rien pour le faire revenir en arrière. Il est comme ça, déterminé, et profondément passif-agressif: obstruction, évitement, opposition, fuite, mais «bitchage» spontané, persistant et intempestif.  ARGH!

C’est drôle, je viens de remarquer: avez-vous noté comment «Morphée» et «Murphy» ça se ressemble…  Est-ce qu’il existe une telle chose que la loi de «Morphée»?  Du style «s’il peut arriver quelque chose pour t’empêcher de t’endormir rapidement, non seulement ça arrivera mais ça sera si dérangeant que ça te rendra carrément le sommeil impossible!»

Morphée et Murphy, quels «douche», franchement. On dirait un couple de caniches nains.

 

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