Delete (suite)

Dans un café, dans une petite rue sale de Québec. La Régine nationale trône comme la reine de la place, en prenant trois tables, avec son portable, une chaudière de Sumatra, une petite laine, trois quatre crayons.   Elle brasse les trois sucres dans son café, puis elle mange les trois miettes de croissant autour de sa tasse.

Ses yeux fixes sur l’écran, sa bouche sèche, elle commence un mail pour sa meilleure copine, la seule personne qui peut encaisser son délire sans sourciller.

« Salut Sophie, C’est moi, Régine.

Franchement tu sais je suis qui. J’ai peut-être juste besoin de me nommer pour me souvenir que je suis une personne.

Je l’ai appelée en bonne innocente que je suis, j’ai pensé qu’il aurait un peu le cœur tendre, mais ça reste un écoeurant de première.   Clic clic clic, le même bruit que ça fait quand tu te fais raccrocher après avoir entendu une voix de femme,  que ton cœur s’émiette et que tu ouvres une canette de bière pour faire passer l’amertume.

Je suis vide. Comme une coquille, comme une fleur fanée.  Je voudrais me cacher et disparaître dans un petit trou de souris, oublier le vertige que je ressens quand je regarde ma vie terne, grise, sans rien d’abouti. Je maudis ceux qui m’ont brisé le cœur et un en particulier, qui mérite tout mon fiel pour m’avoir construite et détruite tour à tour, et pour cette connasse qu’il baise maintenant.

Je me sens sale et pleine de marde,  phoney baloney , comme une crisse de folle qui demande de l’argent à tout le monde dans le métro. Je me consume de l’intérieur. Je suis en train de me brûler les ailes, plume par plume, parce que ça fait assez mal pour être bon.

J’ai besoin de boire et d’oublier. De poursuivre quelque chose qui ne se peut pas, pour me saouler d’espoir encore, et faire semblant que quelque chose m’anime.

Eurk, je me donne mal au cœur. Tout m’écoeure.  Tabarnack, c’est-tu vraiment ça, vivre?  Exister, et pour reprendre Vilain Pingouin, passer à travers sa vie à coup de journées * ?  

J’haïs ça t’écrire et te faire peur comme ça, je sais que chaque fois que je pète une coche, tu t’inquiètes, mais c’est parce que je pète des coches que je vis. Ça me fait du bien de lâcher de la vapeur. Je me sens toujours mal de t’imposer ça, mais on dirait que je ne suis pas capable d’arrêter.   Une chance que t’es là ma belle…  »

Régine fait un demi-sourire. Elle vient de s’en rendre compte.  Elle pensait à comment elle a de la chance d’avoir sa chum, sa complice qui est là pour lui offrir un peu de rires et une écoute sans pareille.   Elle l’admire de gérer son hypersensibilité avec autant de brio. Elle réussit à presser le citron de la vie, à tirer quelques gouttes de jus de bonheur même quand on dirait qu’il reste juste l’écorce.  Elle prend une grande gorgée de café fort.  «Ouache, c’est froid. Pourquoi  du café chaud c’est bon, du café glacé c’est bon, mais du café tablette c’est de la pisse de chat?» Elle rit tout fort. 

Elle repose ses mains sur le clavier.

« Même quand t’es pas là tu me fais rire.   As-tu un peu de temps ce soir?  J’aimerais ça te voir, jaser, juste en profiter un peu.  C’est drôle, on dirait que je trouve que finalement, ce n’est pas si important, de te parler de ça.  Ça me fait souvent cette drôle d’impression. Dès que je l’ai dit, que j’ai chiâlé, que j’ai crié comment ça me faisait chier, je me sens moins mal, mon cœur me semble moins blessé et arraché…  tsé, quand tout a été dit des milliers de fois, ça ne sert à rien de recommencer.  Dire, dire et redire que quelque chose est mauvais ne le rend pas bon ou acceptable. Faudrait que j’apprenne à tolérer un peu. Comme toi. »

Grand soupir.   Est-ce qu’elle va faire comme avec Noah, et ne pas lui envoyer?  Les raisons ne seraient pas les mêmes… Noah, elle avait peur. Sophie, elle ne veut pas lui FAIRE peur. C’est différent.

Au fond, qui est-elle, la Régine, à part quelqu’un de blessé? C’est facile de se définir dans la souffrance. C’est plus complexe de se reconnaître dans la guérison.

Descente aux en-frères

Les rapides déferlaient dans un bruit assourdissant.   La rivière Bras-du –Nord  dévoilait toute sa force en cavalcades cristallines.  Un roulement de tonnerre, quoi.   William cria à son frère de faire attention au courant dans la prochaine partie, même si ce dernier était déjà beaucoup plus expérimenté que lui au point de vue canot.   Il reçut un bouillon d’eau en plein visage, toussota, cracha et résolut de laisser son frère mener sa barque.

 

De son côté, Thomas faisait face à l’adversité du courant, empli de détermination. Il savait mieux que bien d’autres prévoir les changements de cap, s’adapter en moins de deux, et il connaissait les haltes. Il était descendu dans la vallée de nombreuses fois.   Il avait une réelle affection pour le refuge de la Yourte, son belvédère, sa vue sur toute la puissance de l’eau.  

 

Ces deux frères, bien que très proches,  étaient profondément différents, et souvent complémentaires… un pour la prudence, l’autre pour l’initiative.  Un pour la rêverie, l’autre pour le pragmatisme.  Un pour l’énergie, l’autre pour la contemplation.   Descendre une rivière ensemble leur permettait de connecter avec ce qui les unissait. Ils essayaient de construire des ponts entre eux, en tenant compte que leur façon d’aborder l’intensité, le danger, l’inconnu pourrait avoir un impact sérieux sur l’expérience.   Sans réfléchir trop loin, parce qu’ils sont des hommes d’action, quand même.

 

Le grondement de la chute commençait à être perceptible.   Les hommes en prirent note sans sourciller, se rapprochant imperceptiblement d’abord, et plus près ensuite.   Confiance. Silence.   Chaque moment rapprochait d’un autre courant, d’une autre énergie; la confluence qu’on perçoit dans la nature se reflète parfois entre les membres d’une même famille.   En dépit de la vase qui remonte, des immenses pierres au fond, de la vie marine qui change d’un endroit à l’autre, des courants chauds ou glacés,  on demeure de la même source.   Les torrents se conjuguent toujours à un certain moment. Parfois ça ressemble à un affrontement, parfois on a l’impression d’une fusion vouée à l’acquisition de force et de solidité.

 

Pensifs, chacun pondère les reproches qu’il a déjà faits à l’autre.  S’affronter, ça fait aussi partie du cours de la vie de deux frères… faire équipe pour échapper à l’autorité parentale, ou à une mauvaise passe, ça en fait partie aussi.  S’opposer pour mieux se rejoindre, ramer ensemble à contre-courant.

«ATTENTION!»  s’exclama Thomas en voyant un canoéiste clairement peu expérimenté arriver à vive allure. Il planta sa pagaie sous une roche.  Son frère eut tout juste le temps de rebondir sur la coque de son embarcation pour ne pas être percuté par l’adolescent en mal de sensations fortes, pourchassé par un adulte qui vociférait.  Heureusement que le débit n’était pas à son plus fort! Ils auraient probablement tous chaviré en voulant s’éviter.   Ça aurait été pathétique de se blesser maintenant, surtout Thomas, compte tenu ce qu’il venait de traverser.

Après avoir repris leur souffle et leur esprit, et fait quelques blagues sur leur témérité respective, ils résolurent de se retrouver dès que possible à la yourte.   La fatigue les ayant gagné, ils n’avaient pas vraiment l’envie de faire aussi une randonnée.  

Parfois, ça aide d’avoir une certaine unité, entre frères.  Ça donne la possibilité de tester nos limites dans le respect.  Avoir un frère, ça donne la possibilité de regarder combien de produits différents nos parents ont fait avec la même recette.  Ça donne aussi le goût du risque et de la compétition, par bouts.

«Ouin, ben la bière va être bonne à soir!» lança William à la cantonade. Plusieurs murmures approbateurs dans le campement. Il envoya une bourrade amicale à Thomas qui pensait à sa douce.   Il était content qu’il soit revenu intact de la guerre, même si c’était pour aller se casser le cou ensemble dans une descente.  Il était là, et c’était tant mieux.

 

L’ ashram d’Assam

1

La région d’Assam ploie sous la chaleur. Il est à peine dix heures, et on voit déjà un mirage de vapeur s’échapper du chemin en terre. La maigreur cadavérique des employés de l’usine de traitement du thé contraste fortement avec leur sourire, radieux malgré les dents pourries. Jean-Sébastien, l’appareil photo serré contre la hanche, n’ose pas prendre ces images. Il aurait trop l’impression de les voler, et ça les rendrait encore plus dures à supporter. Il ne succombe pas au malaise comparatif qui s’installe entre sa vie en Occident et l’existence des Indiens dans le jardin Banaspaty. Autre endroit, autre mœurs; il n’y a pas de justice, d’injustice, seulement beaucoup de différence. Fraîchement sorti de ses études, où il a développé l’art et l’étude de la pensée, le voyageur s’étonne de ne pas trouver matière à débat dans cette situation. Cela est, tout simplement.

 Pensivement, le jeune homme s’adosse au mur du baraquement ou il a fait halte. Il aimerait avoir le talent nécessaire pour dessiner ce qu’il voit. Le dessin a de ressemblance avec le thé son côté, comment dire, fossilisant? … Quand on boit du thé, on fige un peu le temps à chaque gorgée; et quand on dessine, on fige un peu l’espace à chaque nouveau trait. Mais attention, dans une progression. Pas de manière subite comme une photo ou un café instantané. Le thé suranné des four o’clock anglais, le thé si raffiné des Japonais, le thé des bois… le thé évoque aussi bien l’extase mystique que les mémés qui sentent la naphtaline et qui boivent, tremblotantes, une tasse d’orange pekoe en caressant distraitement leur désagréable nabot canin.

 Jean-Sébastien chasse une vilaine bestiole de sur sa main, songe aux magasins de thé de sa ville natale. Alignées en rang d’oignons sur des tablettes et des étagères, les jarres en métal brillant contenant les feuilles parfumées semblent bien hermétiques, pour ne pas dire aseptisées. Le thé, devenu l’ambroisie d’une élite policée, y a perdu son côté simple et rassembleur. On se presse aux ateliers de dégustation, on palabre sur les aromes complexes en se sentant un peu bête de trouver, au fond, que ça goûte le foin. L’homme sourit, en descendant du porche branlant de la petite cabine. N’est-ce pas un peu pathétique, ce faux-semblant d’appréciation? De nos jours, il n’est plus possible d’aimer simplement quelque chose. Il faut l’approfondir, le connaître. Il faut devenir un expert dans l’amour qu’on a pour cette chose. Le même nouveau paradigme s’applique aux personnes.

Le voyageur marche dans les pentes sinueuses du jardin de thé; il en apprécie chaque sillon. Comme il a hâte d’être arrivé au sommet de cette colline, pour contempler les vagues vertes qu’on lui a tant décrites! Il se sent dépassé par la grandeur de ce qu’il découvre, sans toutefois vivre le sentiment déconcertant de petitesse qui y est souvent rattaché. Il se félicite du choix de cadeau de fin d’études qu’il s’est offert; ce voyage en Inde en solitaire lui fait le plus grand bien.

 La couleur et l’odeur de la plantation l’apaise; a-t-on vraiment besoin d’aller dans un ashram pour ressentir la réelle paix intérieure? Pourtant, c’est bien là qu’il ira après avoir profité de cette liberté chèrement payée. Dans un ashram. Pour sa santé. Pour la vertu. Une soudaine envie d’échapper à son propre programme se fait sentir. N’a-t-il pas pris le large pour se sauver de toute cette régulation et de l’uniformité qu’il exècre tant? Pourquoi irait-il se soumettre aux enseignements d’un vieux fou osseux, plié dans une forme improbable sur une natte en paille? Le désir de se dépasser est-il vraiment si légitime, si important? Se dépasser comment? Pourquoi?

2

 Ashram Shanti Sadhana, Assam, Inde. Jean-Sébastien n’a pas plié à son désir de fuir l’inconfort de l’inconnu. Il est 4h00 du matin, première méditation de la journée. L’estomac tout gargouillant, il s’installe au jardin avec tous les autres. Il fait froid. En écoutant l’enseignant psalmodier, le voyageur combat son esprit cartésien, froid et rationnel qui lui dit que la rechercher spirituelle est plutôt vaine, et le temps passé pour soi, à jamais perdu. Les articulations craquent, difficile de se souvenir des mots corrects quand tout notre corps résiste, proteste et se rebelle. On s’accroche à ce qu’on peut, on se souvient que la durée moyenne de l’attention chez l’adulte est de 20 minutes, on cherche des solutions pour chasser les fourmis dans les jambes et les moucherons autour de la tête sans bouger vraiment. Un moment à la fois, l’esprit combat le corps pour rester immuable, comme le roc.

Ça fait quelques jours que Jean-Sébastien tente de s’adapter à ce rythme, sans y parvenir mais sans réellement échouer. Il est vrai que le succès est tel qu’on le définit soi-même, mais il n’est pas évident de résister à la tentation de s’attacher à notre système de références habituel comme si notre vie en dépendait. Succès = perfection. Le succès, dans cette optique, aurait été de ne pas se sentir comme un petit tas de guenilles mouillées en bordure d’une route à chaque matin. Aussi, il aurait fallu ne pas avoir les intestins en boule pour cause d’abondance de légumineuses dans le régime, et ne pas avoir l’impression que la langue est comme un poisson mort convulsant sur l’asphalte, c’est-à-dire d’une sécheresse impressionnante. Par ailleurs, il aurait été bien de ne pas avoir envie de prendre trois douches par jour, de ne pas rêver d’un bon steak, et de n’avoir aucune envie érotique en regardant les hanches des paysannes sous leur sari. Et encore, et encore, et encore…

Le seul réconfort de la journée sera le thé. Dans ce contexte hostile malgré sa bienveillance, le thé est comme une bonne couverture chaude. Bien que ce ne soit que quelques feuilles flottant dans de l’eau pas très chaude, ça réussit quand même à remonter le moral. L’idée d’un chai capiteux avec du lait mousseux et beaucoup de sucre est presque un péché; c’est comparer une prude et sèche rombière à une opulente croqueuse d’hommes des années 50. Mais la rombière est moins intimidante que la starlette. C’est pourquoi elle réconforte davantage.

 3

 Jean-Sébastien serre sur ses épaules son manteau de feutre. Assam semble bien loin! Il y a maintenant plusieurs mois qu’il est rentré chez lui, dans son pays. Il hâte le pas jusqu’au collège ou il a décroché son premier emploi. Il y travaille toujours, d’ailleurs. Il a commencé la session énergisé, en se disant qu’après ce qu’il avait enduré à l’ashram, une classe de trente invertébrés nullement intéressés à développer leur logique ou leur pensée n’avait vraiment pas de quoi lui faire peur.

C’était sans prendre en considération la flamme qui l’a toujours dévoré pour l’enseignement. Malgré le fait d’avoir subi chaleur, insectes dégoûtants, tâches ménagères abjectes, longues périodes d’immobilités, supposées transes de ses co-chambreurs… Malgré tout ça, il avait toujours l’angoisse du «prof plate». À quoi lui avait donc servi ce séjour? Il était parti la fleur au fusil, en croyant qu’il retirerait de ce dépaysement bien-être, détente et force intérieure. Au lieu de cela, il y avait découvert de profondes failles et rencontré ses incertitudes. Il avait été éreinté par les longues heures de marche en plein soleil, et souvent choqué par les différences culturelles, à tel point que ça l’avait empêché de dormir. Et tout ça, pourquoi? Pour se retrouver aussi désemparé et stressé qu’au début, devant les soixante yeux interrogateurs du début du cours.

 Arrivé depuis quelques minutes dans la salle de classe, le professeur jette son manteau et son chapeau sur la patère. Il fouille dans sa poche, trouve un petit sac métallique rempli d’herbe séchée. Il apprécie en silence les railleries des élèves qui prétendent que c’est sans doute de la drogue, pour penser comme il le fait. Il pose sa tasse en verre sur le rebord du pupitre, en extirpe la petite boule de grillage, saisit le petit sac. « Assam de Banaspaty», lit-on sur le sachet. Les brins parfumés tombent dans l’infuseur en projetant de petits grains noirs sur ses notes de cours. On a bien cinq minutes pour aller chercher de l’eau bouillante, se dit-il…

Peut-être que c’était ça qu’il avait à savoir. Que rien n’est absolu, même pas le début d’un cours. Que le thé n’a pas le même goût dans l’Assam que dans une salle de classe, que nos perceptions ne sont pas les mêmes d’un lieu à l’autre. On sait tous ça d’instinct, mais on a rarement la conscience qui vient avec ce savoir.

 On passe notre temps à essayer de tout rentrer dans le petit cadre étriqué de notre façon de penser, sans avoir la sensibilité nécessaire pour considérer celui des autres. Tellement de conflits démarrent de cette façon que ce n’est pas croyable. Que l’on croie que c’est Dieu qui a créé le monde ou que nous sommes un produit de l’Évolution, nous échappons difficilement à notre tendance naturelle à vouloir tout expliquer mais en partant simplement de notre univers des possibles.

On veut toujours tout savoir et tout pouvoir justifier, on veut connaître notre avenir en regardant dans le fond d’un bol de thé. Et finalement, la seule certitude qu’on a, c’est que si les feuilles sont toujours au fond de la théière, le thé sera amer et mauvais. Pour le reste, il n’y a pas de règle fixe. Tout est dans l’œil de celui qui regarde.

Mon bourg d’amour

Charlesbourg, mon amour, tes clochers

N’ont pas fini de nous voir nous promener

À l’ombre des arbres centenaires

Des maisons faites pour l’hiver

 

Charlesbourg, l’air de rien tu retiens

L’amour de tes citoyens au quotidien

Chaleureux  pour tous les vieux

Amoureux des amoureux

 

Une famille qui traverse la rue

En plein janvier, moins trente, mains nues

Parce que tout est tout proche de nous

Ici tout est voisin de tout

 

Morceau de pain, bouteille de vin

Artisans et chocolats fins

Un nid gourmand, une vie gourmet

Ça croque la vie et ça promet

 

Le Trait-Carré comme une vieille dame

Regarde la ville sans perdre la flamme

Encore joli, encore pimpant

Dans ses dentelles, charmes d’antan

 

Bâtiments carrés et  modernes

Les néons font face aux lanternes

Mon beau quartier, comme je t’aime

Et plus tu changes, plus t’es le même

 

Je t’ai aimé et puis quitté

Pour mieux revenir t’embrasser

Comme une amante trop peu fidèle

Qui veut une seconde lune de miel

 

Charlesbourg, mon ami, d’où je viens

Mes racines, ma famille et mes matins

Même loin, même au froid

J’te vois me tendre les bras

 

Charlesbourg, coin du cœur, à mon goût

J’t’ai trompé avec St-Roch et Limoilou

Je voudrais et je l’espère

La vie en rose sous tes lumières